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 [A.C] Ne jamais abandonner [Stand Alone]

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Revan//Xanth//Erik
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MessageSujet: [A.C] Ne jamais abandonner [Stand Alone]   Ven 21 Mar - 16:10

15 ans plus tôt...


Un jeune Elfe à la peau noire court dans la forêt. Il a la main posée sur ses côtes fêlées, et sa jambe le fait souffrir, mais il court. Il doit courir, courir à en perdre haleine.
Hazel T'il. C'est son nom.


C'était encore un enfant. Sept printemps, pour un elfe, autant dire qu'il venait de naitre. Ses cheveux argentés étaient encore courts, et il n'avait pas encore cette rage débordante, cette soif de combat qui caractérise tant les adultes. Mais il apprenait vite, et sa mère était satisfaite des progrès qu'il faisait à l'entrainement. A chaque fois qu'elle se tournait vers lui, c'était pour le montrer en exemple à ses deux cadets, Zia et S'vin, qui le regardaient alors avec des yeux béats. Il était heureux qu'ils le voient ainsi, comme un idéal à atteindre. Comme ça, ils s'entraineraient dur, pour devenir aussi fort que lui. Rien ne pourrait les vaincre, à eux trois, ils seraient invincibles.

Il doit atteindre la maison. Vérifier que tout va bien...


Son père était parti avant sa naissance. Chez les Elfes, l'infidélité était légion, mais n'en était pas moins une source de conflits souvent meurtriers. Alors il valait mieux s'en aller, pour ne pas déclencher de massacre. C'était presque devenu normal pour la mère de Hazel, qui avait fini par se faire une raison, et s'était installé au fin fond de la forêt de Selenda avec ses enfants. Ses absences étaient fréquentes. Elle se tournait alors vers son ainé :

- Hazel, tu es le chef de cette maison quand je ne suis pas là. Occupes-toi bien de ton frère et de ta sœur, je serai bientôt revenue.

Et il s'accomplissait, fier de la confiance que sa mère mettait en lui.


L'odeur du bois brûlé empli ses narines et le fait tousser.


Un jour, quelqu'un avait frappé à la porte. Hazel ouvrit alors, et tomba sur un petit individu qu'il ne connaissait pas. Quand celui-ci demanda avec un accent Spanivien si sa mère était là, il répondit qu'elle était partie chasser, et qu'elle reviendrait bientôt. L'homme décida alors qu'il allait rester et l'attendre, mais le jeune Elfe répliqua qu'il n'avait pas le droit de laisser entrer les étrangers. L'inconnu se mit alors en colère, et le menaça de son épée. D'abord apeuré, Hazel prit conscience que Zia et S'vin étaient derrière lui, et voyaient toute la scène. Il devait être un exemple pour eux. Ne pas se défiler, et les protéger. Il soutint alors le regard de la personne qui se trouvait devant lui, et l'empêcha malgré tout de passer. Par chance, c'est à ce moment précis que sa mère arriva. Quand elle vit l'homme menacer son fils, elle sortit son arc à la vitesse de l'éclair, et le pointa sur son front.

- Ne t'avises plus jamais de revenir ici, Gazlow.


- Tu crois que tu peux lui échapper ? Tu lui appartiens toujours, et ces enfants ne sont que la preuve de ta trahison. Reviens à lui, peut-être qu'il les épargnera.

- Krestor Thaurizan, épargner quelqu'un ? Vas-t-en, nabot. DEGAGE !


Le Spanivien s'en alla sans demander son reste. Elle se tourna alors vers son fils, toujours dans sa posture de défi, paralysé par la peur, et éclata en sanglot en le prenant dans ses bras. Jamais Hazel n'avait vu sa mère pleurer auparavant.


La maison est en flamme. Et il peut entendre les cris des jumeaux, à l'intérieur.

Il s'était aventuré trop loin. Sa mère lui avait pourtant dit de ne plus sortir du jardin, mais il n'avait pas pu s'empêcher. Il adorait courir entre les arbres, sauter de branches en branches, c'était comme ça qu'il se sentait libre.
Et c'est comme ça qu'ils l'avaient trouvé.
Il ressentit une vive douleur à la jambe, qui l'empêcha de prendre appui. Il glissa, percuta violemment une première branche, puis une autre, avant de rencontrer violemment le sol. Avant de tomber dans l'inconscience, il entendit un échange de voix, dont une qu'il reconnu tout particulièrement :

- C'est réellement nécessaire, Gazlow ?

- Le patron a dit « Tous. ». Alors c'est tous, même les enfants. Surtout les enfants.


Hazel s'engouffre dans le trou béant de l'entrée. La chaleur est infernale, et la fumée l'empêche de respirer. Mais il doit les trouver.

C'était sa faute. Entièrement sa faute. Il s'était trop éloigné de la maison. Il n'avait pas été là pour les défendre. Son frère, sa sœur... Il devait les protéger. Et il avait failli. Il avait trahi la confiance que sa mère avait mit en lui. Des larmes coulèrent sur ses joues de ses yeux grands ouverts, et tombaient sur le sol humide de la forêt, alors qu'il serrait les dents pour ne pas pleurer.
Non. Il ne devait pas rester là. Il était en vie, il pouvait encore agir. Il pouvait encore les sauver. Il devait les sauver. Après s'être remis sur ses jambes, et malgré la flèche qui traversait sa cuisse, il commença à courir dans la direction de la maison.

Elle est là, allongée sur le sol dans une mare de sang, inerte. Une profonde entaille lui barre la gorge. Morte. Elle est morte, et Hazel n'était pas là quand c'est arrivé. Il tombe à genou devant elle, incapable de prononcer le moindre mot, de pousser le moindre cri. C'est impossible, pas maintenant, pas comme ça. Et Zia ? S'vin ? Il veut les appeler, mais ravagé par le chagrin, il ne parvient même plus à articuler. Il éclate alors en sanglot. Son existence vient d'être détruite à tout jamais, tout ce pourquoi il vivait est parti en fumée. Il s'allonge, pose sa tête sur le ventre de sa mère, et décide d'attendre que les flammes le prennent, lui aussi.

- Hazel...


Une petite voix, juste à côté de lui. Il tourna alors la tête, et vit les deux jumeaux, cachés sous le canapé. Ils étaient vivants. Apeurés, calcinés, couverts de coupures et de brûlures, mais bien vivants. Sa réaction ne se fit pas attendre. Il les attrapa rapidement, et ils se dirigèrent vers la sortie. Mais alors qu'ils y étaient presque, une poutre s'écroula devant eux. Plus de sortie, et l'incendie les empêchait de faire demi-tour. C'était foutu.
Non. Encore une fois, non. Il était en vie, alors il devait aller jusqu'au bout. Pour les protéger. Pour les sauver.
Il attrapa, à mains nues, le morceau de bois brûlant, et le tira vers lui de toutes ses forces, juste assez pour permettre aux deux autres de ramper par dessous. La douleur était insupportable, mais il tint bon. Il ne lâcha que lorsqu'il fut bien sûr qu'ils étaient dehors, en sécurité. Puis il prit son élan, et fonça à travers les débris et les flammes.


Il est en vie. A plat ventre sur le sol, il entend la demeure s'écrouler derrière lui. C'est fini. Il n'y a plus rien. Il ne peut même pas récupérer le corps de sa mère pour lui donner une sépulture décente. Tout a disparu, et il ne sait même pas pourquoi. Pour quelle raison Gazlow les a-t-il attaqué ? Qu'est-ce qu'il voulait ? Hazel ne comprend pas. Il n'arrive même plus à pleurer, à prononcer le moindre mot.
Puis il se tourne vers son frère et sa sœur. Assis par terre, collés l'un à l'autre, ils sanglotent doucement. Il les prend dans ses bras. Et se fait une promesse. Celle de n'avoir de répit, de ne prendre aucun repos tant que qu'ils ne seraient pas vivants, en sécurité, et heureux.


15 ans plus tard, de nos jours


- Hazel, ça va ?

Le jeune elfe leva les yeux. Il s’aperçut qu'il fixait dans la même direction depuis plusieurs minutes, trop absorbé par ses propres pensées. Autour de lui, c'était l'effervescence. Zia, du haut de la vigie, avait repéré un navire marchand, et chacun se préparait à l'abordage imminent. C'était le capitaine Malefor, remarquant son absence de réaction, qui lui avait posé la question. Il acquiesça sans un mot.

- Alors vas te préparer, tu charges en première ligne !

Il acquiesça à nouveau, et se dépêcha d'aller chercher ses sabres, un sourire imperceptible aux lèvres, que seul S'vin, qui terminait de charger les canons, put apercevoir. Pour les T'il, c'était comme si Hazel explosait de joie.
Ils étaient vivants.
Ils étaient en sécurité.
Ils étaient heureux.

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